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Samedi 4 Juillet 2009, St Thomas
Edito

Fondées en 2003, les éditions AZIMUTS sont le fruit d'une désillusion. Désillusion d'un Auteur qui annonçait fièrement la sortie de son premier roman et qui se retrouvait – la veille de la présentation officielle de son ouvrage - tenant entre ses mains un "bouquin" bâclé, raté… et qu'il avait dû, lui-même, mettre en page pour le plus grand bénéfice de son "éditeur" !

Une mésaventure que nous nous sommes jurés d'éviter à nos écrivains.

 NOS REGLES D'OR

Notre politique est simple et surtout humaine. Elle consiste à :

  • Accueillir et écouter nos Auteurs ;
  • Les informer honnêtement sur les difficultés d'être "écrivain" au XXIème siècle ;
  • Effectuer une critique objective des manuscrits qui nous sont proposés ; si le texte nécessite des améliorations ou des remaniements, les suggérer à l'Auteur et lui apporter l'aide nécessaire pour rendre son manuscrit le plus parfait possible. A cet instant, l'Auteur est seul maître de son destin : soit il accepte de collaborer à l'amélioration de son ouvrage, soit nous l'invitons à chercher un éditeur moins "regardant" car nous exigeons de nos ouvrages une qualité littéraire optimale.

  • Apporter notre savoir-faire pour l'élaboration de la maquette et la réalisation proprement dite de l'ouvrage (mise en page, design de la couverture, etc…)

  •  Apporter notre aide à la promotion de l'ouvrage grâce à notre approche des médias (journaux, TV communautaire ou autre, sites Internet, foires…) et de CERTAINES  librairies. Si vous connaissez un libraire passionné, qui accepte de présenter en vitrine autre chose que des livres français ou américains... faites-nous signe !

  • Conserver précieusement avec nos Auteurs le contact humain qui s'est établi

  • Nous ne prélevons aucun bénéfice sur le prix de vente des ouvrages. TOUT revient à l'auteur.

     Pour nous confier vos manuscrits, utilisez UNIQUEMENT NOTRE MESSAGERIE :

editionsazimuts@yahoo.fr

Contrairement à certaines "maisons" qui se disent pompeusement "à compte d'éditeur" et vous promettent le TOUT GRATUIT... alors que vous devrez finalement payer vos livres, nous ne vous embobinerons pas avec des louanges. Par contre, nous vous offrirons réellement notre aide, si votre manuscrit est retenu !

 

Pourquoi autant d'auteurs français nous font-ils confiance, à votre avis ?

 

Pour commander un ouvrage ou un E-BOOK

  • Soit vous avez un compte PAYPAL ou une carte de crédit. Vous passez votre commande en ligne et elle est prise en compte IMMEDIATEMENT .
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Romans
Gralon


 
Les Etoiles apprivoisées, de V. Massinon

Mardi 14 Avril 2009 à 11:37

Publié par Azimuts dans Véronique Massinon

Véronique MASSINON est juriste. Son premier roman, patiemment mûri, sortira de presse ce MARDI 2 JUIN.

Les exemplaires du premier tirage sont presque tous réservés... Envoyez-nous vite un petit mail pour faire partie des lecteurs privilégiés qui découvriront en primeur ce superbe roman !


En voici deux extraits:
[… Cinq heures du matin, Gaspard arrive sur la place, les cheveux ébouriffés, les vêtements débraillés, tout essoufflé d'avoir couru dans la ville. Ses pas le ramènent toujours là... L'endroit est vide, calme. Seuls les oiseaux commencent à chanter timidement et le soleil se lève au loin. Il repère une chaise oubliée par un cafetier. Il la saisit, l'adosse contre le mur du café de l'Espérance, se laisse tomber et pique un roupillon. Il s'agite dans son sommeil, semble se débattre avec ses démons, puis tombe finalement par terre et se cogne lourdement la tête sur le sol.
La douleur le réveille, il reprend connaissance, regarde autour de lui et reconnaît rapidement l'endroit. La peur le tenaille, les angoisses l'envahissent, il transpire... Il tente de se remémorer les événements de cette nuit...
Il a des flashes : une fillette sourit, elle court vers une femme qui lui tend les bras, une voiture surgit, un klaxon retentit, la femme hurle, la fillette est renversée ; une salle d'accouchement, le bébé braille, les parents pleurent, puis c'est le trou noir...
Il ne comprend pas pourquoi ces éblouissements viennent le hanter régulièrement depuis quelques années, après une longue période d'accalmie. Il appréhende et déteste ces périodes d'égarement dont il émerge en sueur, dont il n'a aucun souvenir, si ce n'est ces brefs éclairs. Certes, vu les circonstances de sa naissance, il en connaît la cause et l'origine. Mais il croyait avoir dépassé ce cap !   …]

 [...      L’histoire de Fernand la séduit tout autant. Fernand, c’est son ami, son père. Il est vieux, buriné, voûté, il a la peau ratatinée, des cheveux blancs. Elle subodore qu’il a été beau dans sa jeunesse. Il a été marié à Jeannette pendant plus de quarante ans. Leur histoire est magique. Elle l’écoute en prenant les poussières et en passant le torchon.

       La Jeannette, il l’a rencontrée au détour d’un chemin. Elle cueillait des fleurs pour fêter la victoire sur les boches. Jeannette lui confiera par la suite qu’elle l’attendait tous les jours depuis la proclamation de l’Armistice, ce 8 mai 1945. Il est revenu, la tête pleine d’atrocités. Quand il a vu Jeannette, il a tout oublié : la guerre, le sang, les morts. Elle a bousculé le cours de son existence. Ils se sont aimés au premier regard. Ils sont tous les deux de Chasteuil.

       Début quarante, il s’était engagé, était entré sous les drapeaux, voulait défendre sa patrie, faire honneur à son père, mort en dix-huit, alors qu’il avait deux ans. Il avait quitté son village sans avoir jamais rencontré Jeannette. À l’époque, c’était une gamine mal taillée ; lui, déjà un homme mûr.

       Elle avait jeté son dévolu sur lui lorsqu’elle l’avait aperçu le jour de son départ. Trop occupé à converser avec son frère, il n’avait pas remarqué cette adolescente timide et gauche. Il avait fière allure dans ses habits de soldat, son béret rouge vissé sur la tête. Dès ce matin-là, elle avait décidé de l’attendre le temps qu’il faudrait. Elle savait qu’il ne lui résisterait pas, car elle le possédait bien avant qu’il ne le sache. Elle aimait déjà pour deux, elle userait de tous les stratagèmes pour qu’il succombe à ses charmes. Quand elle l’avait vu descendre le chemin menant à la gare, elle avait fait un vœu et livré à Marcelle, sa meilleure amie, ses desseins et son secret :

       — Tu vois, ce beau grand gars à côté de Paulo ? S’il revient, il m’épousera. Il ne verra plus que moi, je le laverai de toutes ces horreurs. Il renaîtra à la vie grâce à l’amour que je lui donnerai.

       Elle était jolie, Jeannette ! Il a toujours sa photo jaunie dans son portefeuille et il ne peut s’empêcher de la montrer à Clara chaque fois qu’elle vient astiquer. Elle avait un corps de sylphide : brune, des yeux verts avec plein de petites étoiles, menue, mais tellement femme ! Ils sont devenus mari et femme et se sont juré de ne s’aimer qu’eux deux. Ils n’ont pas voulu d’enfant. Il n’y avait pas de place pour quelqu’un d’autre. S’ils en avaient eu, ils auraient dû lui donner une partie de leur amour, le partager. Ils auraient dû cesser de ne faire qu’un, de ne vivre que l’un pour l’autre. Aujourd’hui, Jeannette est partie... Elle l’attend dans une autre vie. Il regrette de ne pas avoir eu la force de la rejoindre. Alors, il entretient son souvenir et elle vit encore. Ne meurt que celle que l’on oublie. Aussi longtemps qu’il sera sur terre, elle vivra. Elle survivra.   ...]

 La première partie de ce roman poignant entraîne Clara et Gaspard dans une longue épopée vengeresse. En fait, peu avant la naissance de Gaspard, sa sœur Chloé a été fauchée par un chauffard. Le jeune homme n’aura de cesse de traquer tout autour de lui les hommes qui auraient, eux aussi, blessé ou tué un enfant par imprudence ou inconscience.

Il n’hésitera pas à manipuler sa meilleure amie et à l’entraîner à sa suite dans sa quête de justice. Une justice toute personnelle et implacable.

Mais la vie réserve des surprises et leurs destins vont prendre des routes divergentes.

Un roman de 350 pages.   24 € seulement.
Pour nous permettre de gérer au mieux l'impression de ce roman déjà fort demandé, veuillez le réserver dès à présent en nous envoyant simplement un petit mail.
Merci !



Tags associés : massinon, azimuts, roman, maison d'edition

Sylvain PIRON :

Samedi 04 Avril 2009 à 10:42

Publié par Azimuts dans JEUNES AUTEURS

en mars 1986, Sylvain Piron exerce la profession de rédacteur. Sa devise est la suivante : « Un travail pour gagner ma vie, l’écriture pour la réussir. »

 « Sourire demain » est son premier roman.

       Dans cet ouvrage, Sylvain porte un regard acide et parfois désabusé sur notre « chère » société de consommation.

         Il transporte son désappointement en l’an de grâce 2027. Désappointement à double titre, car son personnage principal vient de perdre son emploi de publiciste !

         Sylvain alterne jeux de mots et jeux de maux, il joue subtilement de la dérision et du calembour pour étaler ses états d’âme et nous croquer un monde imparfait dans lequel notre futur se conjugue au conditionnel de ceux qui nous dirigent.

         Il dénonce le besoin de paraître, l’illusion d’être, mais dans cette grisaille de l’esprit, il caresse néanmoins l’espoir légitime de – peut-être –... sourire demain !

Un roman de 130 pages.

10 €

 

Cet ouvrage vient déjà d'être réédité !

 Commandez-le ici, directement chez l'auteur !

 OU rendez-vous dans l'une des librairies suivantes :

Anne & Philippe, à HEUSY
Au petit Vatel, à Blégny
Librairie SEPTON à HERVE
Librairie Les Augustins à Verviers
Librairie Au Fil d'Ariane à Verviers


Un court extrait...?

[... En 2019, ils nous promettaient que tout irait mieux pour tout le monde, en tout temps et en tous lieux. Le peuple gaulois souhaitait davantage de liberté et daisance financière. Depuis, huit années ont passé.

       Le peuple est content car des changements ont eu lieu. À mon insu, mon statut a été revu : hier, jétais citoyen ; aujourdhui, marginal. Je ne suis pas devenu quelquun d’autre. Simplement, le Royaume a imposé certaines règles auxquelles je nai pas adhéré. Je sais quil faut croquer la vie à pleines dents, mais vu le menu, je me suis mis au régime. Quant aux nonante-cinq pourcent de gaulois qui ne mont pas imité, ils jouissent à présent dune vie structurée dont ils se satisfont.

            Je monte un peu le son de ma chaîne. Une chanson entraînante fait danser mes doigts. Le poisson frétille, mais si je partais en stoppant la musique il le ferait aussi. Ce soir ressemble aux précédents ; aux prochains, jen ai peur. Parfois, lavenir me semble joli, peut-être parce quil est loin et que je suis vaguement myope.

            Il y a tout juste un mois, jai eu vingt-neuf ans. Faute de camarades, je nen ai dérangé aucun. Lintérêt réciproque fait les bons amis ; donc, inutile de souvrir aux autres quand on se sait vide ! Les cercles amicaux se dessinent bien sans ma mauvaise mine, les familiaux en font autant…

            Toujours pas denfant, ni de potentielle future maman. Lamour et moi, ça fait un. Il nest pas présent dans ma vie, alors je ne le compte pas.

            Mon nom est Le Vin. Valéandre Le Vin. Mon problème, cest que je nai pas de puce. Voilà pourquoi je ne suis plus comme tout le monde ! Une firme financée par le Royaume sest spécialisée dans le contrôle de la pensée et a mis au point lintolérable gadget. Une petite plaquette métallique à insérer sous la peau de lavant-bras, censée remplacer nos papiers didentité et faciliter le pistage des criminels. Les ondes que diffuse la pièce sont présentées comme saines. Avantages directs accordés aux pucés : augmentation de salaire, avantages fiscaux, accessibilité à des lieux et à des emplois depuis lors interdits aux non pucés, appui des services dordre et des urgences… Vice caché : influence directe sur la pensée par influx nerveux. Concrètement, le Royaume a formé une armée dacheteurs toqués continuellement élégants, et ses caisses se sont remplies.

            Contrairement à mes dirigeants, je ne baigne pas dans le faste. Je hante une maisonnette résolument disgracieuse. Mon salaire de petit publicitaire indépendant ne me permet pas de la rendre digne daccueillir une demoiselle, aussi coulante soit-elle. Peu de pièces habitables, toutes au rez-de-chaussée, dont une chambre à coucher étroite et remplie, empêtrée dun lit large et vide. À létage, un grenier mansardé plein de poussière et de biens poltrons qui atteindront, eux aussi, cet état dans peu de temps. Pour my rendre, je dois affronter un escalier si raide que je lappelle échelscalier. Ces quelques murs sont malgré tout la matérialisation dun ancien vœu : mexiler doù jai grandi. Le charme de mon faubourg pantouflard ma vite ôté toute envie de nourrir des regrets.

            Quand je nai rien à faire, je vagabonde. Parfois dans les allées de ma ville, souvent dans celles des deux supermarchés du coin. Généralement, jen sors sans achat. Je my rends pour observer les humains jouir de leur captivité. Au terne métro-boulot-dodo, la société moderne a cru bon dajouter emplettes. Métro-boulot-emplettes-dodo, ça sonne terne et faux. Jai du mal à les comprendre, tous ces anonymes que je croise. La liberté est partout autour deux, mais ils ny vont jamais.

            Ma manie dobserver les gens remonte à mon adolescence. À lépoque, jécrivais des bribes de nouvelles dont je constituais lentièreté du lectorat. Jaurais écrit jusquà ce que la précarité me contraigne à manger mes crayons ! Nul besoin dêtre énorme, je voulais simplement sortir de la norme. Finalement, jai conservé mes crayons et ravalé mon ambition.

            De temps à autre, des attitudes atypiques donnent naissance à une publicité. Cest précisément à lune de ces scènes salvatrices que jassiste. ...]

 

 

 



Tags associés : Azimuts, maison d'édition, Piron, éditer, librairie

Les Enfants de l'ombre

Dimanche 22 Mars 2009 à 09:55

Publié par Azimuts dans NOUVEAUTES

NOLWEEN EAWY est une jeune écrivaine française à la sensibilité exacerbée. 
Depuis toute petite, ses nuits sont peuplées de rêves et de peurs. Un univers très particulier, souvent inquiétant, qui se retrouve à travers les 120 pages de ce recueil de nouvelles dont les héros sont exclusivement des enfants...

12 euros.

Voici comment se présente l'auteur :

« L'obscurité me terrifie. Elle est peuplée « d’êtres » maléfiques et pervers. Le plus effrayant n’est pas de savoir qu’ils sont là … mais de réaliser que ce sont eux qui m’ont trouvée. »


Un extrait...?

— Bonne nuit, mes petites chéries. Faites de beaux rêves et à demain matin. 
        
Chaque soir, maman nous envoyait un de ses bisous magiques qui évaporait les peines et les peurs, puis prononçait cette phrase.

Depuis six ans, elle reproduisait invariablement les mêmes gestes. De sa voix douce et posée, elle nous racontait une jolie histoire de princesse ou de chevalier. Elle nous en lisait trois pages. Puis elle nous bordait et nous embrassait doucement le front. Elle n’oubliait jamais de regarder dans les placards et sous nos lits pour vérifier qu’aucun monstre des enfers n’y avait élu domicile. Elle vérifiait ensuite la fermeture des fenêtres, puis s’en allait doucement. Elle laissait la porte entrebâillée afin que la lumière du couloir et les bruits du salon nous parviennent.

Elle savait que ce rituel était de la plus haute importance pour nous. Il nous apaisait et maintenait les démons éloignés ; nos nuits étaient douces et peuplées de rêves enchanteurs.       Nous étions persuadées que si maman oubliait un détail, il arriverait malheur à l’une d’entre nous. Bien entendu, maman riait de ces croyances enfantines, mais par amour pour ses filles, elle respectait scrupuleusement tout le cérémonial. Sauf cette nuit-là... Un simple coup de téléphone avait tout bouleversé.

            Papa était parti en voyage d’affaire, il avait promis d’appeler dès son arrivée. Pour rien au monde, maman n’aurait raté son coup de téléphone. Elle s’inquiétait tellement dès qu’il s’éloignait de la maison !

Pourquoi a-t-il fallu que cet appel se produise justement pendant le rituel ? Malgré notre âge – sept ans –, nous savions que papa ne devait pas appeler avant vingt et une heures, il nous l’avait promis avant de partir. Ne voilà-t-il pas que le téléphone sonne à vingt heures ?

Maman nous avait promis de revenir très vite. Au ton de sa voix, nous devinions qu’il s’agissait bien de papa au bout du fil. Nous entendions ses rires dans le salon, quelques bribes de conversation.

            Naema et moi étions persuadées que c’était un stratagème des démons du temps. Ils jonglaient avec les heures et les jours avec aisance. Les êtres humains ne s’en rendaient pas compte, sauf les enfants. Eux seuls connaissaient leur existence.

Nous n’étions pas dupes de leurs manigances. Ils ne sont pas dangereux quand ils agissent seuls, car ils ne savent que ralentir ou accélérer les heures pour faire des farces. Mais ce soir, nous savions qu’il se tramait un complot, un piège pour libérer des démons bien plus dangereux. Ce cérémonial interrompu nous tourmentait, surtout Naema. Elle ne cessait de regarder le rayon de lumière qui filtrait par la faible ouverture de la porte. Elle espérait tant voir réapparaître maman ! Les minutes passaient, mais toujours pas de maman.

            — Elle n’a pas vérifié les fenêtres. Nelly, j’ai peur, me dit-elle entre deux sanglots.

J’étais son aînée de cinq minutes exactement et je tenais mon rôle de grande sœur très à cœur. Je lui avais fait la promesse de toujours la protéger. Tenir cet engagement à sept ans à peine pouvait se révéler particulièrement difficile, surtout que j’étais aussi terrifiée qu’elle.

            — Maman va revenir, elle nous l’a promis et tout ira bien. 

            Je n’en croyais pas un mot. Les démons étaient à l’œuvre. En effet, quelques minutes pour maman devenaient des heures pour nous.

« Elle ne reviendra pas, j’en suis sûre. Mais je dois mentir à Naema, je la sens tendue, presque hystérique », me disais-je.

J’avais très envie de pleurer et je me retenais à grand peine. Naema a bondi dans mon lit. Nous nous sommes blotties l’une contre l’autre, attendant sagement le retour de maman.

            — Ils vont venir me chercher, Nelly.

            — Je les en empêcherai. Personne ne t’emmènera, ne pleure pas.

            Je savais que tôt ou tard, ses larmes provoqueraient les miennes et qu’alors, je ne serais plus capable de la protéger. Je lui caressais les cheveux pour la rassurer. Je tendis le bras pour allumer la veilleuse.

J’avais fait ce geste machinalement, car cela faisait bien longtemps que nous ne l’utilisions plus. J’avais un mauvais pressentiment. Je devais voir dans le noir !

La porte s’est fermée quelques secondes après que la veilleuse ait commencé à diffuser des ombres d’oursons sur les murs. Maman ne fermait jamais cette porte, elle savait combien c’était important pour nous. Quelque chose clochait.

Je m’obligeais à conserver une respiration calme pour ne pas alarmer Naema. Elle commençait à s’assoupir et c’était mieux ainsi. Surveiller les recoins sombres, le moindre bruit suspect jusqu’au retour de maman. Il n’y avait que cela à faire. Le sommeil commençait à me gagner peu à peu.

            Je crois que j’ai dû m’assoupir, car j’ai sursauté quand la pluie a commencé à s’écraser sur les fenêtres. Cette pluie ne semblait pas naturelle, c’était l’œuvre des démons Brume, je le savais. Ils étaient tapis dans le brouillard poisseux et épais. Ils s’infiltraient par toutes les ouvertures de la maison et venaient capturer les enfants.
(...à suivre... et à trembler !)



Tags associés : Azimuts, Nolween, enfants, maison d'édition, nouvelles

Seconde chance, nouvelles de Sophie Hannick

Mercredi 11 Février 2009 à 09:26

Publié par Azimuts dans NOUVEAUTES

Auteur de nouvelles et de romans, Sophie HANNICK est également psychologue. En 2004, elle reçoit le prix littéraire d’encouragement Jean Lebon pour la nouvelle intitulée « Seconde chance » qui initie ce recueil.

Ces onze nouvelles, tantôt fantastiques, tantôt romantiques, ont en commun la mise en scène de héros fragiles, parfois féroces, souvent attachants, sinon bouleversants de tendresse. On y retrouve les grands thèmes de la vie : l’amour, l’amitié, la nature, les rêves, la folie, la maladie, mais aussi l’inexorable mort…

L’auteur prend un plaisir évident à explorer les plus infimes perceptions des êtres humains.

 218 pages. 18 euros.

 

 

UN RECUEIL DE NOUVELLES A GLISSER DANS VOS VALISES EN VUE DES VACANCES !

[...   Dans le fauteuil du salon, face à la télévision, Marcel dort, le visage gercé par le froid et rougi par la fièvre. Ses vêtements sont tachés de boue et la poche arrière de son pantalon est trouée. Sa respiration, malgré tout régulière, s’apparente à un ronronnement bruyant.

       Emma revoit Tefnout, ce dieu égyptien maître du temps, à tête de lion. Un frisson lui parcourt le corps. Elle vacille et s’affale avec lourdeur sur une chaise que lui glisse Roger à point nommé. L’Alzheimer l’emportera sur Marcel. Elle le sait, mais l’idée tangible de la mort, l’angoisse de la séparation ne l’avait pas encore pleinement saisie avant cet instant. Dans le silence de cette après-midi d’automne, elle reprend quelques forces en attendant que son père revienne à lui. Tout en le versant déjà, Roger lui propose un verre de Kirsch suffisant pour étourdir un sanglier.

       — De quoi t’a-t-il encore parlé ?

       — Du moulin d’étalle, de la maison de Guirsch. De ton frère, de ta sœur et de toi. Il a divagué pendant une dizaine de minutes. Il voulait tour à tour monter dans les airs, se jeter dans les flammes et plonger dans les étangs du Pont d’Oye. Il s’est exprimé d’abord calmement, puis avec nervosité avant de devenir agressif. Il m’a reproché de voir le mal partout et de mettre sa droiture en doute. Je ne sais plus… Il a dit tout et n’importe quoi… J’avais l’impression qu’il souffrait, il serrait les poings et semblait ne plus savoir comment les utiliser… Je suis désolé…

       Songeuse, Emma se perd dans le déferlement de ses questions intérieures. À quoi rêve-t-il ? Qu’est-ce qui compte encore pour lui ? à quoi la vie se résume-t-elle, vue du bout ? Et comment se fait-il que ressurgissent dans sa mémoire des endroits qu’il n’a plus fréquentés depuis des dizaines d’années, alors qu’il ne reconnaît plus Roger ?

       La jeune femme démêle sans illusion les fils de la déraison de son père. Elle essaie d’imaginer la place qu’elle y occupe encore et s’endort à son tour.

 

       — Rosine, Rosine ! Te revoir, te prendre dans mes bras, ce n’est pas vrai, je t’ai aimée…

       Emma se réveille brusquement alors que son père divague à nouveau. Les yeux agrandis par la peur, elle le regarde. Son corps est agité par un infime tremblement qu’elle tente de réprimer. Ses mains sont glacées.

       « Non, ce n’est pas possible. Il ne peut pas ne pas se souvenir... ».

       Refusant de céder au désespoir, elle l’implore doucement, dans un murmure qui revêt l’aspect d’une prière.

       — Papa, c’est Emma, souviens-toi. Calme-toi, je suis là.

       — Sortez de chez moi ! Il n’y a rien à prendre ici. J’ai déjà payé pour ces crimes que je n’ai pas commis ! rugit Marcel d’une voix méconnaissable.

       Avec son dévouement habituel, Roger revient dans la pièce avec les médicaments prescrits par le médecin. Emma y jette un œil dépouillé d’illusions. En tant qu’infirmière, elle connaît leur efficacité très relative et regarde avec amertume cet ami indéfectible qui les administre sans ménagement au patient rebelle.

       Ensuite, il prend Emma dans ses bras. Elle s’y abandonne, perdue face à la dégradation si brutale de l’état de santé de son père. Des larmes s’échappent, quelques minutes s’écoulent.

       « Il était si bon, si enthousiaste et si passionnant ! Il aimait tant la vie, il nous avait tout appris : à lire, à compter, à connaître la forêt. Il nous y emmenait chaque dimanche pour de magnifiques promenades pleines de poésie, en un inébranlable rituel. Comment peut-il aujourd’hui se perdre dans des divagations empreintes de suspicion et de rancœur ? »

       Est-on jamais prêt à perdre ceux qu’on aime ?   ...]



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