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Edito
Fondées en 2003, les éditions AZIMUTS sont le fruit d'une désillusion. Désillusion d'un Auteur qui annonçait fièrement la sortie de son premier roman et qui se retrouvait – la veille de la présentation officielle de son ouvrage - tenant entre ses mains un "bouquin" bâclé, raté… et qu'il avait dû, lui-même, mettre en page pour le plus grand bénéfice de son "éditeur" ! Une mésaventure que nous nous sommes jurés d'éviter à nos écrivains. NOS REGLES D'OR Notre politique est simple et surtout humaine. Elle consiste à :
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Les Etoiles apprivoisées, de V. Massinon
Publié par Azimuts dans Véronique Massinon
Les exemplaires du premier tirage sont presque tous réservés... Envoyez-nous vite un petit mail pour faire partie des lecteurs privilégiés qui découvriront en primeur ce superbe roman !
[... L’histoire de Fernand la séduit tout autant. Fernand, c’est son ami, son père. Il est vieux, buriné, voûté, il a la peau ratatinée, des cheveux blancs. Elle subodore qu’il a été beau dans sa jeunesse. Il a été marié à Jeannette pendant plus de quarante ans. Leur histoire est magique. Elle l’écoute en prenant les poussières et en passant le torchon. La Jeannette, il l’a rencontrée au détour d’un chemin. Elle cueillait des fleurs pour fêter la victoire sur les boches. Jeannette lui confiera par la suite qu’elle l’attendait tous les jours depuis la proclamation de l’Armistice, ce 8 mai 1945. Il est revenu, la tête pleine d’atrocités. Quand il a vu Jeannette, il a tout oublié : la guerre, le sang, les morts. Elle a bousculé le cours de son existence. Ils se sont aimés au premier regard. Ils sont tous les deux de Chasteuil. Début quarante, il s’était engagé, était entré sous les drapeaux, voulait défendre sa patrie, faire honneur à son père, mort en dix-huit, alors qu’il avait deux ans. Il avait quitté son village sans avoir jamais rencontré Jeannette. À l’époque, c’était une gamine mal taillée ; lui, déjà un homme mûr. Elle avait jeté son dévolu sur lui lorsqu’elle l’avait aperçu le jour de son départ. Trop occupé à converser avec son frère, il n’avait pas remarqué cette adolescente timide et gauche. Il avait fière allure dans ses habits de soldat, son béret rouge vissé sur la tête. Dès ce matin-là, elle avait décidé de l’attendre le temps qu’il faudrait. Elle savait qu’il ne lui résisterait pas, car elle le possédait bien avant qu’il ne le sache. Elle aimait déjà pour deux, elle userait de tous les stratagèmes pour qu’il succombe à ses charmes. Quand elle l’avait vu descendre le chemin menant à la gare, elle avait fait un vœu et livré à Marcelle, sa meilleure amie, ses desseins et son secret : — Tu vois, ce beau grand gars à côté de Paulo ? S’il revient, il m’épousera. Il ne verra plus que moi, je le laverai de toutes ces horreurs. Il renaîtra à la vie grâce à l’amour que je lui donnerai. Elle était jolie, Jeannette ! Il a toujours sa photo jaunie dans son portefeuille et il ne peut s’empêcher de la montrer à Clara chaque fois qu’elle vient astiquer. Elle avait un corps de sylphide : brune, des yeux verts avec plein de petites étoiles, menue, mais tellement femme ! Ils sont devenus mari et femme et se sont juré de ne s’aimer qu’eux deux. Ils n’ont pas voulu d’enfant. Il n’y avait pas de place pour quelqu’un d’autre. S’ils en avaient eu, ils auraient dû lui donner une partie de leur amour, le partager. Ils auraient dû cesser de ne faire qu’un, de ne vivre que l’un pour l’autre. Aujourd’hui, Jeannette est partie... Elle l’attend dans une autre vie. Il regrette de ne pas avoir eu la force de la rejoindre. Alors, il entretient son souvenir et elle vit encore. Ne meurt que celle que l’on oublie. Aussi longtemps qu’il sera sur terre, elle vivra. Elle survivra. ...]
La première partie de ce roman poignant entraîne Clara et Gaspard dans une longue épopée vengeresse. En fait, peu avant la naissance de Gaspard, sa sœur Chloé a été fauchée par un chauffard. Le jeune homme n’aura de cesse de traquer tout autour de lui les hommes qui auraient, eux aussi, blessé ou tué un enfant par imprudence ou inconscience. Il n’hésitera pas à manipuler sa meilleure amie et à l’entraîner à sa suite dans sa quête de justice. Une justice toute personnelle et implacable. Mais la vie réserve des surprises et leurs destins vont prendre des routes divergentes. Tags associés : massinon, azimuts, roman, maison d'edition
Sylvain PIRON :
Publié par Azimuts dans JEUNES AUTEURS
Il transporte son désappointement en l’an de grâce 2027. Désappointement à double titre, car son personnage principal vient de perdre son emploi de publiciste ! Sylvain alterne jeux de mots et jeux de maux, il joue subtilement de la dérision et du calembour pour étaler ses états d’âme et nous croquer un monde imparfait dans lequel notre futur se conjugue au conditionnel de ceux qui nous dirigent.
Il dénonce le besoin de paraître, l’illusion d’être, mais dans cette grisaille de l’esprit, il caresse néanmoins l’espoir légitime de – peut-être –... sourire demain ! Un roman de 130 pages. 10 €
Cet ouvrage vient déjà d'être réédité !
Commandez-le ici, directement chez l'auteur ! OU rendez-vous dans l'une des librairies suivantes : Anne & Philippe, à HEUSY
[... En 2019, ils nous promettaient que tout irait mieux pour tout le monde, en tout temps et en tous lieux. Le peuple gaulois souhaitait davantage de liberté et d’aisance financière. Depuis, huit années ont passé. Le peuple est content car des changements ont eu lieu. À mon insu, mon statut a été revu : hier, j’étais citoyen ; aujourd’hui, marginal. Je ne suis pas devenu quelqu’un d’autre. Simplement, le Royaume a imposé certaines règles auxquelles je n’ai pas adhéré. Je sais qu’il faut croquer la vie à pleines dents, mais vu le menu, je me suis mis au régime. Quant aux nonante-cinq pourcent de gaulois qui ne m’ont pas imité, ils jouissent à présent d’une vie structurée dont ils se satisfont. Je monte un peu le son de ma chaîne. Une chanson entraînante fait danser mes doigts. Le poisson frétille, mais si je partais en stoppant la musique il le ferait aussi. Ce soir ressemble aux précédents ; aux prochains, j’en ai peur. Parfois, l’avenir me semble joli, peut-être parce qu’il est loin et que je suis vaguement myope. Il y a tout juste un mois, j’ai eu vingt-neuf ans. Faute de camarades, je n’en ai dérangé aucun. L’intérêt réciproque fait les bons amis ; donc, inutile de s’ouvrir aux autres quand on se sait vide ! Les cercles amicaux se dessinent bien sans ma mauvaise mine, les familiaux en font autant… Toujours pas d’enfant, ni de potentielle future maman. L’amour et moi, ça fait un. Il n’est pas présent dans ma vie, alors je ne le compte pas. Mon nom est Le Vin. Valéandre Le Vin. Mon problème, c’est que je n’ai pas de puce. Voilà pourquoi je ne suis plus comme tout le monde ! Une firme financée par le Royaume s’est spécialisée dans le contrôle de la pensée et a mis au point l’intolérable gadget. Une petite plaquette métallique à insérer sous la peau de l’avant-bras, censée remplacer nos papiers d’identité et faciliter le pistage des criminels. Les ondes que diffuse la pièce sont présentées comme saines. Avantages directs accordés aux pucés : augmentation de salaire, avantages fiscaux, accessibilité à des lieux et à des emplois depuis lors interdits aux non pucés, appui des services d’ordre et des urgences… Vice caché : influence directe sur la pensée par influx nerveux. Concrètement, le Royaume a formé une armée d’acheteurs toqués continuellement élégants, et ses caisses se sont remplies. Contrairement à mes dirigeants, je ne baigne pas dans le faste. Je hante une maisonnette résolument disgracieuse. Mon salaire de petit publicitaire indépendant ne me permet pas de la rendre digne d’accueillir une demoiselle, aussi coulante soit-elle. Peu de pièces habitables, toutes au rez-de-chaussée, dont une chambre à coucher étroite et remplie, empêtrée d’un lit large et vide. À l’étage, un grenier mansardé plein de poussière et de biens poltrons qui atteindront, eux aussi, cet état dans peu de temps. Pour m’y rendre, je dois affronter un escalier si raide que je l’appelle échelscalier. Ces quelques murs sont malgré tout la matérialisation d’un ancien vœu : m’exiler d’où j’ai grandi. Le charme de mon faubourg pantouflard m’a vite ôté toute envie de nourrir des regrets. Quand je n’ai rien à faire, je vagabonde. Parfois dans les allées de ma ville, souvent dans celles des deux supermarchés du coin. Généralement, j’en sors sans achat. Je m’y rends pour observer les humains jouir de leur captivité. Au terne métro-boulot-dodo, la société moderne a cru bon d’ajouter emplettes. Métro-boulot-emplettes-dodo, ça sonne terne et faux. J’ai du mal à les comprendre, tous ces anonymes que je croise. La liberté est partout autour d’eux, mais ils n’y vont jamais. Ma manie d’observer les gens remonte à mon adolescence. À l’époque, j’écrivais des bribes de nouvelles dont je constituais l’entièreté du lectorat. J’aurais écrit jusqu’à ce que la précarité me contraigne à manger mes crayons ! Nul besoin d’être énorme, je voulais simplement sortir de la norme. Finalement, j’ai conservé mes crayons et ravalé mon ambition. De temps à autre, des attitudes atypiques donnent naissance à une publicité. C’est précisément à l’une de ces scènes salvatrices que j’assiste. ...] Tags associés : Azimuts, maison d'édition, Piron, éditer, librairie
Les Enfants de l'ombre
Publié par Azimuts dans NOUVEAUTES
« L'obscurité me terrifie. Elle est peuplée « d’êtres » maléfiques et pervers. Le plus effrayant n’est pas de savoir qu’ils sont là … mais de réaliser que ce sont eux qui m’ont trouvée. » Un extrait...? Depuis six ans, elle reproduisait invariablement les mêmes gestes. De sa voix douce et posée, elle nous racontait une jolie histoire de princesse ou de chevalier. Elle nous en lisait trois pages. Puis elle nous bordait et nous embrassait doucement le front. Elle n’oubliait jamais de regarder dans les placards et sous nos lits pour vérifier qu’aucun monstre des enfers n’y avait élu domicile. Elle vérifiait ensuite la fermeture des fenêtres, puis s’en allait doucement. Elle laissait la porte entrebâillée afin que la lumière du couloir et les bruits du salon nous parviennent. Elle savait que ce rituel était de la plus haute importance pour nous. Il nous apaisait et maintenait les démons éloignés ; nos nuits étaient douces et peuplées de rêves enchanteurs. Nous étions persuadées que si maman oubliait un détail, il arriverait malheur à l’une d’entre nous. Bien entendu, maman riait de ces croyances enfantines, mais par amour pour ses filles, elle respectait scrupuleusement tout le cérémonial. Sauf cette nuit-là... Un simple coup de téléphone avait tout bouleversé. Papa était parti en voyage d’affaire, il avait promis d’appeler dès son arrivée. Pour rien au monde, maman n’aurait raté son coup de téléphone. Elle s’inquiétait tellement dès qu’il s’éloignait de la maison ! Pourquoi a-t-il fallu que cet appel se produise justement pendant le rituel ? Malgré notre âge – sept ans –, nous savions que papa ne devait pas appeler avant vingt et une heures, il nous l’avait promis avant de partir. Ne voilà-t-il pas que le téléphone sonne à vingt heures ? Maman nous avait promis de revenir très vite. Au ton de sa voix, nous devinions qu’il s’agissait bien de papa au bout du fil. Nous entendions ses rires dans le salon, quelques bribes de conversation. Naema et moi étions persuadées que c’était un stratagème des démons du temps. Ils jonglaient avec les heures et les jours avec aisance. Les êtres humains ne s’en rendaient pas compte, sauf les enfants. Eux seuls connaissaient leur existence. Nous n’étions pas dupes de leurs manigances. Ils ne sont pas dangereux quand ils agissent seuls, car ils ne savent que ralentir ou accélérer les heures pour faire des farces. Mais ce soir, nous savions qu’il se tramait un complot, un piège pour libérer des démons bien plus dangereux. Ce cérémonial interrompu nous tourmentait, surtout Naema. Elle ne cessait de regarder le rayon de lumière qui filtrait par la faible ouverture de la porte. Elle espérait tant voir réapparaître maman ! Les minutes passaient, mais toujours pas de maman. — Elle n’a pas vérifié les fenêtres. Nelly, j’ai peur, me dit-elle entre deux sanglots. J’étais son aînée de cinq minutes exactement et je tenais mon rôle de grande sœur très à cœur. Je lui avais fait la promesse de toujours la protéger. Tenir cet engagement à sept ans à peine pouvait se révéler particulièrement difficile, surtout que j’étais aussi terrifiée qu’elle. — Maman va revenir, elle nous l’a promis et tout ira bien. Je n’en croyais pas un mot. Les démons étaient à l’œuvre. En effet, quelques minutes pour maman devenaient des heures pour nous. « Elle ne reviendra pas, j’en suis sûre. Mais je dois mentir à Naema, je la sens tendue, presque hystérique », me disais-je. J’avais très envie de pleurer et je me retenais à grand peine. Naema a bondi dans mon lit. Nous nous sommes blotties l’une contre l’autre, attendant sagement le retour de maman. — Ils vont venir me chercher, Nelly. — Je les en empêcherai. Personne ne t’emmènera, ne pleure pas. Je savais que tôt ou tard, ses larmes provoqueraient les miennes et qu’alors, je ne serais plus capable de la protéger. Je lui caressais les cheveux pour la rassurer. Je tendis le bras pour allumer la veilleuse. J’avais fait ce geste machinalement, car cela faisait bien longtemps que nous ne l’utilisions plus. J’avais un mauvais pressentiment. Je devais voir dans le noir ! La porte s’est fermée quelques secondes après que la veilleuse ait commencé à diffuser des ombres d’oursons sur les murs. Maman ne fermait jamais cette porte, elle savait combien c’était important pour nous. Quelque chose clochait. Je m’obligeais à conserver une respiration calme pour ne pas alarmer Naema. Elle commençait à s’assoupir et c’était mieux ainsi. Surveiller les recoins sombres, le moindre bruit suspect jusqu’au retour de maman. Il n’y avait que cela à faire. Le sommeil commençait à me gagner peu à peu. Je crois que j’ai dû m’assoupir, car j’ai sursauté quand la pluie a commencé à s’écraser sur les fenêtres. Cette pluie ne semblait pas naturelle, c’était l’œuvre des démons Brume, je le savais. Ils étaient tapis dans le brouillard poisseux et épais. Ils s’infiltraient par toutes les ouvertures de la maison et venaient capturer les enfants. Tags associés : Azimuts, Nolween, enfants, maison d'édition, nouvelles
Seconde chance, nouvelles de Sophie Hannick
Publié par Azimuts dans NOUVEAUTES
Ces onze nouvelles, tantôt fantastiques, tantôt romantiques, ont en commun la mise en scène de héros fragiles, parfois féroces, souvent attachants, sinon bouleversants de tendresse. On y retrouve les grands thèmes de la vie : l’amour, l’amitié, la nature, les rêves, la folie, la maladie, mais aussi l’inexorable mort…
L’auteur prend un plaisir évident à explorer les plus infimes perceptions des êtres humains. 218 pages. 18 euros.
UN RECUEIL DE NOUVELLES A GLISSER DANS VOS VALISES EN VUE DES VACANCES !
[... Dans le fauteuil du salon, face à la télévision, Marcel dort, le visage gercé par le froid et rougi par la fièvre. Ses vêtements sont tachés de boue et la poche arrière de son pantalon est trouée. Sa respiration, malgré tout régulière, s’apparente à un ronronnement bruyant. Emma revoit Tefnout, ce dieu égyptien maître du temps, à tête de lion. Un frisson lui parcourt le corps. Elle vacille et s’affale avec lourdeur sur une chaise que lui glisse Roger à point nommé. L’Alzheimer l’emportera sur Marcel. Elle le sait, mais l’idée tangible de la mort, l’angoisse de la séparation ne l’avait pas encore pleinement saisie avant cet instant. Dans le silence de cette après-midi d’automne, elle reprend quelques forces en attendant que son père revienne à lui. Tout en le versant déjà, Roger lui propose un verre de Kirsch suffisant pour étourdir un sanglier. — De quoi t’a-t-il encore parlé ? — Du moulin d’étalle, de la maison de Guirsch. De ton frère, de ta sœur et de toi. Il a divagué pendant une dizaine de minutes. Il voulait tour à tour monter dans les airs, se jeter dans les flammes et plonger dans les étangs du Pont d’Oye. Il s’est exprimé d’abord calmement, puis avec nervosité avant de devenir agressif. Il m’a reproché de voir le mal partout et de mettre sa droiture en doute. Je ne sais plus… Il a dit tout et n’importe quoi… J’avais l’impression qu’il souffrait, il serrait les poings et semblait ne plus savoir comment les utiliser… Je suis désolé… Songeuse, Emma se perd dans le déferlement de ses questions intérieures. À quoi rêve-t-il ? Qu’est-ce qui compte encore pour lui ? à quoi la vie se résume-t-elle, vue du bout ? Et comment se fait-il que ressurgissent dans sa mémoire des endroits qu’il n’a plus fréquentés depuis des dizaines d’années, alors qu’il ne reconnaît plus Roger ? La jeune femme démêle sans illusion les fils de la déraison de son père. Elle essaie d’imaginer la place qu’elle y occupe encore et s’endort à son tour. — Rosine, Rosine ! Te revoir, te prendre dans mes bras, ce n’est pas vrai, je t’ai aimée… Emma se réveille brusquement alors que son père divague à nouveau. Les yeux agrandis par la peur, elle le regarde. Son corps est agité par un infime tremblement qu’elle tente de réprimer. Ses mains sont glacées. « Non, ce n’est pas possible. Il ne peut pas ne pas se souvenir... ». Refusant de céder au désespoir, elle l’implore doucement, dans un murmure qui revêt l’aspect d’une prière. — Papa, c’est Emma, souviens-toi. Calme-toi, je suis là. — Sortez de chez moi ! Il n’y a rien à prendre ici. J’ai déjà payé pour ces crimes que je n’ai pas commis ! rugit Marcel d’une voix méconnaissable. Avec son dévouement habituel, Roger revient dans la pièce avec les médicaments prescrits par le médecin. Emma y jette un œil dépouillé d’illusions. En tant qu’infirmière, elle connaît leur efficacité très relative et regarde avec amertume cet ami indéfectible qui les administre sans ménagement au patient rebelle. Ensuite, il prend Emma dans ses bras. Elle s’y abandonne, perdue face à la dégradation si brutale de l’état de santé de son père. Des larmes s’échappent, quelques minutes s’écoulent. « Il était si bon, si enthousiaste et si passionnant ! Il aimait tant la vie, il nous avait tout appris : à lire, à compter, à connaître la forêt. Il nous y emmenait chaque dimanche pour de magnifiques promenades pleines de poésie, en un inébranlable rituel. Comment peut-il aujourd’hui se perdre dans des divagations empreintes de suspicion et de rancœur ? » Est-on jamais prêt à perdre ceux qu’on aime ? ...] Tags associés : nouvelles, Azimuts, maison d'édition, Sophie Hannick, librairie Mises à jour
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Mardi 14 Avril 2009 à 11:37

