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Sylvain PIRON :

Samedi 04 Avril 2009 à 10:42

Publié par Azimuts dans JEUNES AUTEURS

en mars 1986, Sylvain Piron exerce la profession de rédacteur. Sa devise est la suivante : « Un travail pour gagner ma vie, l’écriture pour la réussir. »

 « Sourire demain » est son premier roman.

       Dans cet ouvrage, Sylvain porte un regard acide et parfois désabusé sur notre « chère » société de consommation.

         Il transporte son désappointement en l’an de grâce 2027. Désappointement à double titre, car son personnage principal vient de perdre son emploi de publiciste !

         Sylvain alterne jeux de mots et jeux de maux, il joue subtilement de la dérision et du calembour pour étaler ses états d’âme et nous croquer un monde imparfait dans lequel notre futur se conjugue au conditionnel de ceux qui nous dirigent.

         Il dénonce le besoin de paraître, l’illusion d’être, mais dans cette grisaille de l’esprit, il caresse néanmoins l’espoir légitime de – peut-être –... sourire demain !

Un roman de 130 pages.

10 €

 

Cet ouvrage vient déjà d'être réédité !

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Librairie Au Fil d'Ariane à Verviers


Un court extrait...?

[... En 2019, ils nous promettaient que tout irait mieux pour tout le monde, en tout temps et en tous lieux. Le peuple gaulois souhaitait davantage de liberté et daisance financière. Depuis, huit années ont passé.

       Le peuple est content car des changements ont eu lieu. À mon insu, mon statut a été revu : hier, jétais citoyen ; aujourdhui, marginal. Je ne suis pas devenu quelquun d’autre. Simplement, le Royaume a imposé certaines règles auxquelles je nai pas adhéré. Je sais quil faut croquer la vie à pleines dents, mais vu le menu, je me suis mis au régime. Quant aux nonante-cinq pourcent de gaulois qui ne mont pas imité, ils jouissent à présent dune vie structurée dont ils se satisfont.

            Je monte un peu le son de ma chaîne. Une chanson entraînante fait danser mes doigts. Le poisson frétille, mais si je partais en stoppant la musique il le ferait aussi. Ce soir ressemble aux précédents ; aux prochains, jen ai peur. Parfois, lavenir me semble joli, peut-être parce quil est loin et que je suis vaguement myope.

            Il y a tout juste un mois, jai eu vingt-neuf ans. Faute de camarades, je nen ai dérangé aucun. Lintérêt réciproque fait les bons amis ; donc, inutile de souvrir aux autres quand on se sait vide ! Les cercles amicaux se dessinent bien sans ma mauvaise mine, les familiaux en font autant…

            Toujours pas denfant, ni de potentielle future maman. Lamour et moi, ça fait un. Il nest pas présent dans ma vie, alors je ne le compte pas.

            Mon nom est Le Vin. Valéandre Le Vin. Mon problème, cest que je nai pas de puce. Voilà pourquoi je ne suis plus comme tout le monde ! Une firme financée par le Royaume sest spécialisée dans le contrôle de la pensée et a mis au point lintolérable gadget. Une petite plaquette métallique à insérer sous la peau de lavant-bras, censée remplacer nos papiers didentité et faciliter le pistage des criminels. Les ondes que diffuse la pièce sont présentées comme saines. Avantages directs accordés aux pucés : augmentation de salaire, avantages fiscaux, accessibilité à des lieux et à des emplois depuis lors interdits aux non pucés, appui des services dordre et des urgences… Vice caché : influence directe sur la pensée par influx nerveux. Concrètement, le Royaume a formé une armée dacheteurs toqués continuellement élégants, et ses caisses se sont remplies.

            Contrairement à mes dirigeants, je ne baigne pas dans le faste. Je hante une maisonnette résolument disgracieuse. Mon salaire de petit publicitaire indépendant ne me permet pas de la rendre digne daccueillir une demoiselle, aussi coulante soit-elle. Peu de pièces habitables, toutes au rez-de-chaussée, dont une chambre à coucher étroite et remplie, empêtrée dun lit large et vide. À létage, un grenier mansardé plein de poussière et de biens poltrons qui atteindront, eux aussi, cet état dans peu de temps. Pour my rendre, je dois affronter un escalier si raide que je lappelle échelscalier. Ces quelques murs sont malgré tout la matérialisation dun ancien vœu : mexiler doù jai grandi. Le charme de mon faubourg pantouflard ma vite ôté toute envie de nourrir des regrets.

            Quand je nai rien à faire, je vagabonde. Parfois dans les allées de ma ville, souvent dans celles des deux supermarchés du coin. Généralement, jen sors sans achat. Je my rends pour observer les humains jouir de leur captivité. Au terne métro-boulot-dodo, la société moderne a cru bon dajouter emplettes. Métro-boulot-emplettes-dodo, ça sonne terne et faux. Jai du mal à les comprendre, tous ces anonymes que je croise. La liberté est partout autour deux, mais ils ny vont jamais.

            Ma manie dobserver les gens remonte à mon adolescence. À lépoque, jécrivais des bribes de nouvelles dont je constituais lentièreté du lectorat. Jaurais écrit jusquà ce que la précarité me contraigne à manger mes crayons ! Nul besoin dêtre énorme, je voulais simplement sortir de la norme. Finalement, jai conservé mes crayons et ravalé mon ambition.

            De temps à autre, des attitudes atypiques donnent naissance à une publicité. Cest précisément à lune de ces scènes salvatrices que jassiste. ...]

 

 

 



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